Le 08/10/2014 | Déclaration de l'UNPF adressée aux ministres de la santé et de l'économie
L'UNPF a lu une déclaration adressée aux ministres de la santé et de l'économie lors de la réunion avec les syndicats et l'Ordre le 6 octobre :  

"Vous nous avez demandé de « re-discuter » différentes propositions d’évolution de notre métier sur lesquelles, chaque entité ici présente avait travaillé. Exercice sympathique et ouvert qui laisse imaginer une certaine écoute de votre part mais qui n’apporte rien à la profession. Sauf à vous donner l’espoir de mieux connaître les sujets sur lesquels vous pourrez percer au flanc l’unité de ses représentants.
 
Or, il s’avère que dans le même temps, vous travaillez avec d’autres acteurs économiques qui souhaitent investir notre métier réglementé. Vous envisagez des évolutions réelles de leur métier (ouverture du monopole, possibilité de leur laisser créer des espaces santé complets avec des professionnels de santé) et finalisez même des listes de produits que vous leur laisserez en pâture une fois nos ronds de jambes terminés.
 
Nous souhaiterions donc que cette nouvelle réunion soit une vraie réunion qui nous permette d’avancer sur les sujets qui NOUS concernent. Nous avons compris que nos 125 000 emplois vous laissaient de marbre. Nos grèves et manifestations ont beau démontrer notre unité et notre mobilisation, obtenir le soutien sans faille de la population et des autres professionnels de santé, cela ne change rien, pour le moment, à votre projet de loi.
Il est bien entendu hors de question, pour nous, que le trépied de l’officine soit mis à mal. Nous vous rappelons que 4 millions de français entrent chez nous tous les jours et que nous sommes assez proches d’eux pour être leur confident. Nous pouvons faire passer des messages et nous le ferons si nous n’avançons pas avec vous.
 
Nous ne pouvons plus nous contenter de discuter sur la liste des produits que nous accepterions, ou non, de sortir de notre monopole pendant que vous continuez à étrangler la partie contrainte de notre économie (80% de toute notre économie). Il est évident que l’économie de l’officine ne pourra pas se développer avec des « mesurettes » (vaccination ou prélèvement sanguin) pour lesquelles nous serons sous-payés et qui provoqueront des clivages avec les autres professionnels de santé.

 
Il nous semble qu’avant toute modification de l’exercice officinal, l’évolution de notre rémunération doit rester une priorité.
 
En effet, le nouveau PLFSS prévoit 3,2 milliards d’économies sur l’assurance maladie en 2015. Ces économies portent notamment sur des baisses de prix des médicaments et l’encadrement des prescriptions. Le modèle de l’honoraire à la boîte qui lie la rémunération au volume de médicaments est inapproprié, contreproductif et délétère pour l’économie de l’officine. Comme l’a souligné la Cour des Comptes, dans son rapport annuel sur l’exécution des lois de financement de la sécurité sociale, il faut sortir d’une logique prix/quantité.
 
Seule, la mise en place d’un honoraire à l’ordonnance permettra de faire face à l’ensemble des mesures d’économies prises par le gouvernement.
 
L’UNPF a d’ailleurs proposé un modèle pour le financement d’un honoraire à l’ordonnance qui, non seulement, n’engendrerait pas de coût pour l’assurance maladie et le patient, mais permettrait de sécuriser l’économie liée aux génériques qui représente actuellement 30% de l’économie officinale.
 
L’UNPF souhaite également développer un honoraire de responsabilité sur les produits chers et innovants (produits correspondants à la troisième tranche de la marge dégressive lissée). Encore une fois le modèle proposé n’engendrerait pas de coût supplémentaire pour l’assurance maladie, puisque cet honoraire serait financé par les laboratoires en échange de retours d’informations (sur l’observance et le suivi des traitements) réalisés par les pharmaciens et sous le contrôle de l’ANSM et de la HAS.
 
Les propositions de l’UNPF permettent de déconnecter la rémunération des pharmaciens des volumes et donc d’aller dans le sens d’une consommation plus maîtrisée et d’une lutte contre la iatrogénie. Elles sont également, le moyen de faire évoluer la profession en conservant son ADN libéral et indépendant, sans passer sous la mainmise de l’assurance maladie.
 
L’ensemble de nos propositions (rétrocessions, structures des entreprises) rendra l’officine plus performante, tant dans les services qu’elle pourra offrir demain, que sur le prix des médicaments non pris en charge.
Aussi nous exigeons avant tout autre avancée concernant notre exercice officinal, d’avoir un calendrier sur la mise en place effective d’un honoraire à l’ordonnance.
 
L’UNPF demande que soit ouverte une réflexion concernant une organisation différente de la Médecine Libérale au sens large, au profit des patients. L’UNFP demande que les prochains PLFSS fassent peser sur le médicament des économies à hauteur de sa participation aux dépenses de santé. Dans le cas contraire, des contreparties devront être accordées aux pharmaciens.
 
Merci de bien vouloir répondre à ces questions et, en ce qui nous concerne sauf à avoir des réponses satisfaisantes sur ces points nous ne nous associerons plus à ces débats d’idées et retournerons auprès de notre base pour continuer la mobilisation de la profession autour de ce gouvernement qui souhaite, pour des raisons qui nous échappent, détruire le système de soins libéral de ce pays."
 
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