Le 18/05/2017 | Vaccination à l'officine

Le décret relatif à la mise en place de l’expérimentation  de l’administration par les pharmaciens du vaccin contre la grippe saisonnière a été publié au JO le 11 mai 2017.
Il fixe les modalités de mise en place de l’expérimentation dans les 2 régions retenues : Auvergne Rhône-Alpes et Nouvelle Aquitaine. Les pharmaciens de ces 2 régions qui souhaitent participer à l’expérimentation doivent adresser une demande directeur général de leur ARS et une copie à l’Ordre régional. Cette demande doit être accompagnée d’une attestation de conformité au cahier des charges relatif aux conditions  techniques à respecter ainsi que d’une validation de formation.

Pour toute vaccination, le pharmacien devra :

  • - Recueillir le consentement express et éclairé du patient (cf formulaire ci-dessous) ;
  • - Délivrer une attestation de vaccination comportant le nom et numéro de lot du vaccin administré (le pharmacien devra conserver une copie de cette attestation) ;
  • - Informer le médecin traitant du patient via le DMP ou par messagerie sécurisée, sauf refus du patient.

La rémunération prévue pour le pharmacien est la suivante :

  • - 4,50 euros / personne vaccinée en cas de prescription médicale
  • - 6, 30 euros / personne vaccinée si la personne a un bon de prise en charge

Le pharmacien percevra également une somme forfaitaire de 100 euros de dédommagement s’il a vacciné au moins 5 personnes.

Le pharmacien ne percevra l’ensemble des rémunérations qu’à la fin de l’expérimentation.

 

Accepter une rémunération de 4,50 euros pour vacciner, compte –tenu de toutes les contraintes et responsabilités que cela entraîne, est tout bonnement inacceptable pour l’UNPF !

Si l’UNPF milite pour l’extension des missions du pharmacien, ces dernières ne doivent pas se faire à leur détriment.

Est-ce qu’une rémunération de 4,50 euros permettra de couvrir les frais d’aménagement des locaux ? d’augmentation de l’assurance professionnelle liée à la responsabilité accrue du pharmacien ?  La vaccination n’est pas le cœur de métier du pharmacien, mais elle engage fortement sa responsabilité. Pourquoi ne pas avoir prévu, comme c’est le cas pour les médecins, un remboursement partiel de la prime d’assurance Responsabilité Civile Professionnelle auprès de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) pour les actes techniques ?

Quid de la collecte des DASRI ? Apparemment aucun des acteurs s’étant félicité de cette expérimentation ne s’est posé la question, mais si l’on se réfère aux devis demandés par la profession en 2013, le coût était de 260 euros HT /an…. Qu’en sera-t-il en 2017 ?

En outre, les pharmaciens seront soumis à un travail administratif supplémentaire puisque la rémunération sera subordonnée à la communication du bilan d’activité des vaccinations réalisées. Faut-il rappeler que les pharmaciens sont des professionnels de santé libéraux et non des salariés de l’assurance maladie ? Pourquoi ne pas attribuer une lettre clé aux pharmaciens, comme les médecins ? Quelle TVA sera appliquée pour cet acte de vaccination ?

 

Comment envisager qu’une rémunération aussi faible puisse permettre la rémunération d’un pharmacien ? Sans compter que la vaccination ne se limite pas à l’administration du vaccin, mais une surveillance minimum de 15 min est à prévoir afin d’éviter tout événement indésirable.

 

Il aurait peut-être été plus simple, comme cela se pratique au Portugal, d’autoriser les infirmières à vacciner dans les officines.

 

Contrairement aux autres acteurs, l’UNPF estime qu’il y a beaucoup trop d’inconnues pour se réjouir de cette soi-disant « avancée » pour la profession.

 

 

 

formulaire_consentement_patient.pdf (174.61 Ko)
 
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