Le 03/02/2017 | projet d'ordonnance sur les transferts

Une réunion de négociation relative au projet d’ordonnance sur les transferts s’est tenue au Ministère de la santé le 25 janvier dernier.

 

Il est tout d’abord regrettable de constater que le texte comporte toujours des mesures dérogatoires. Si certains affirment y être vivement opposés, force est de constater qu’il ne s’agit que d’éléments de langage car ils sont les premiers à en introduire…

 

 

L’UNPF souhaiterait que la population résidente ne soit pas le seul critère retenu, mais qu’on prenne en compte de manière globale, les nouvelles habitudes et les nouveaux besoins des populations tout en préservant le maillage actuel. Répondre aux besoins de  Santé Publique ne doit pas empêcher de prendre en considération les attentes des français.

 

L’UNPF regrette vivement que le Ministère fasse machine arrière sur les regroupements d’officine et n’accepte plus en zones sur-denses la  possibilité pour les pharmaciens titulaires de la licence issue du regroupement de conserver les locaux d’origine des officines regroupées.

 

Le texte prévoit toutefois la possibilité de conserver une officine comme « local délocalisé » non ouvert au public. Pour l’UNPF qui revendique depuis très longtemps de pouvoir utiliser des locaux délocalisés, c’est une avancée !  Mais, nous souhaiterions que ce soient des locaux adaptés à une activité pharmaceutique spécifique de qualité, pas ceux d’une pharmacie d’officine que l’on ferme….

 

L’UNPF note qu’il est, néanmoins, prévu une dérogation dans les territoires fragiles pour permettre le rattachement et la gestion d’une deuxième officine, les deux étant rattachées à une seule licence.

Cela dit, il est surprenant de constater que le Ministère autorise des regroupements avec rattachement d’officine dans les zones fragiles mais le refuse dans les zones sur-denses…. Cela semble discriminatoire.

 

De la même façon il est étonnant que l’accès aux médicaments soit défendu et encouragé dans les zones touristiques et les aéroports, alors qu’il n’est pas autorisé dans les quartiers d’affaire ou les centres commerciaux, dans lesquels nombre de patients passent une bonne partie de leur temps.

 

 

Par ailleurs, l’UNPF demande la création d’un schéma spécifique pour les transferts temporaires indépendants de la pharmacie : insalubrité des locaux ou travaux de voirie.

 

 

Délaisser certains secteurs et ne pas prendre en compte l’évolution des modes de vie risquent de se retourner contre les pharmaciens et favoriser de nouveaux acteurs qui n’hésiteront pas à mettre en avant la nécessité d’un accès aux soins dans des structures pouvant accueillir jusqu’à 30 ou 50.000 personnes par jour.

 

Le monopole est un pilier fragile sur lequel la profession ne devrait pas tout miser. Des menaces existent et la capacité des pharmaciens à se rendre indispensables par la qualité et le développement des services aux patients sera déterminante. 
 
Retour